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  • La construction de Masse

La construction de Masse

ZUP alors !

L’industrialisation de la construction permet un accroissement considérable de la production, une baisse des coûts et une réduction des délais d’exécution. Cela débouchera sur des programmes démesurés de 600 logements minimum. C’est alors le temps les Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP), et des constructions en « chemins de grue” ». En moins de 15 ans, 220 ZUP, comportant 2,2 millions de logements, seront réalisées en France. 

Chemin de grue aux 4000 à la Courneuve

1960

Cité de la Duchère

1960

"Ensemble est un si joli nom !"

Les Provinces

1961

Pierre Sudreau inaugure le 1er juin 1958 le premier ministère, après-guerre, de la Construction et non de la Reconstruction. Les progrès sont foudroyants ; en 1957 il fallait 20 mois pour édifier un logement, en 1959, il n’en faut plus que 6. 


Sous l’impulsion d’Adrien Spinetta, directeur de la Construction, sont mis au concours des programmes de 600 puis de 800 logements minimums. 


Ces programmes entraînent des besoins d’équipements considérables. Le ministère de la Construction valide alors la « grille Dupont », du nom d'un inspecteur général de l'Équipement ; qui permet d'évaluer les besoins en équipements collectifs.

Cité des Cheminots de Rouen

1961

"Ensemble est un si joli nom !" (suite)

Cité Charles Pranard

1950

Cité Gagarine

1960

♪♫ 

Béton armé”, paroles d’Henri Gougaud, musique de José Cana et Max Rongier, chanté par les Frères Jacques, années 50.

♪♫ 

Béton armé, soleil en berne,

Hommes de nouvelles cavernes

Voilà ce que nous devenons.

Dieu, pardonnez-moi, si j’en tremble.

J’avais rêvé de grands ensembles,

Ensemble est un si joli nom. 

Référendum pour le logement

Plaquette de l'appartement référendum 
distribuée au salon des arts ménagers, 1959, document USH, supplément à la documentation française illustrée, 1959.

 


Pierre Sudreau, ministre de la Construction de 1958 à 1962, veut associer les femmes à la conception du logement. « Ce sont les hommes qui bâtissent les maisons, or ce sont les femmes qui les habitent », dit-il.  


Il nomme à son cabinet Jeanne Picard, une mère de quatre enfants, chargée de mission. Elle doit organiser une consultation de mères de familles, pour déterminer l’appartement modèle. Les associations familiales et féminines sont largement sollicitées pour déterminer « tout ce qui ne va pas » et « ce qui rend la vie difficile ».


Des échanges de vues et les visites de logements récents aboutissent à la conception de « l’appartement referendum ». 


Ce logement est destiné à une famille avec 4 enfants, 2 garçons et 2 filles : « Le logement n’a pas pour seule fonction d’abriter le sommeil et les repas. 


Il doit permettre l’épanouissement de la famille dans une atmosphère agréable de paix et d’intimité ». 

Référendum pour le logement (suite)

Il faut donc une surface suffisante et une bonne insonorisation. La surface réglementaire d’une Hlm est alors < à 70m2 pour un 4 pièces. Le logement référendum fait 12 m2 de +. Les visiteurs du salon seront soumis à un questionnaire qui sera complété par un véritable « sondage d’opinions ». Cet appartement, sous « label féminin », servira à l'établissement des nouvelles normes pour la construction des HLM.


Par circulaire du 9 juin 1959, les normes des Hlm sont augmentées de 10% à la suite des travaux sur « l'appartement référendum ». 

Plan de  l’appartement référendum

1970

Appartement référendum

1960

La Sarcellite

Dès 1955, des mises en garde sont lancées contre les grands ensembles. Les différentes fonctions ne sont pas séparées dans la ville mais comme éclatées dans des espaces trop distants. De plus, malgré les beaux discours et la fameuse « grille Dupont » les équipements n’ont pas suivi au rythme des constructions et se font attendre et pour certains ensembles plus d’une décennie.


Après le fléau des Blousons noirs de 1959, une autre calamité va se répendre sur les quartiers Hlm.  La Presse en fait une maladie :  la Sarcellite. Elle touche d’abord les femmes au foyer, en mal d’ennui dans ces grandes cités sans âme. La contagion s’étend ensuite rapidement, grâce à d’éminents spécialistes et aux médias, aux habitants de tous les grands ensembles.

Sarcelles

1971

Sarcelles, le Grand ensemble

1959

Comment vivront nos enfants dans la cité de demain ?

1960
♪♫ Les Frères Jacques chantent en 1962 " Sarcelles était un nom d’oiseau, aujourd’hui l’oiseau est en cage ".  ♪♫

Un plan pour bâtisseurs

De 1953 à 1963 on passe de 113.000 à 336.000 logements construits en accession à la propriété. Cette augmentation est pour une grande partie due aux primes et aides du CFF. Le logement locatif social avec 609.000 logements construits représente 21 % de la production.


En 1954, 13% des logements étaient surpeuplés. En 1962 ils sont toujours 12% ! Le bulletin statistique du ministère de la construction indique fin 1963, que 20% des logements sont toujours sans poste d’eau, 60% sans cabinet de toilette et 72% sans salle de bains. Dans le secteur locatif social le taux de surpeuplement se situe entre 30 et 40%.


Le 4ème Plan quinquennal (1962-1967) lancé par le gouvernement prévoit un rythme de construction de 350.000 logements/an.

Stains, le Clos Saint-Lazare

1970

C’est le début d’une politique volontariste d’aménagement du territoire avec notamment la création en 1960 de 21 régions d’action, et en 1963 celle de la DATAR (Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale).


C’est dans ce contexte qu’est approuvé le schéma directeur de la région parisienne qui imagine la création de nouvelles villes, non plus en greffe des communes existantes, mais sur des sites encore vierges.


Cette réflexion portée par Paul Delouvrier, préfet de la région parisienne emportera la création de 5 villes nouvelles autour de Paris et 4 en province.

Le quartier Jules Guesde à Troyes

1956

ZUP : la fin programmée

Tour du Casino

1960

Projet des 4000 à la Courneuve

1959

♪♫ Paroles et Musique de Georges Chelon 1973 "Ouvrez les portes de la vie", 1973 - Editions Alléluia.


Il habitait dans une tour

De béton, de vitres et d'acier

Pas le moyen d'y faire l'amour

Sans que tous en soient informés

Pour planter un clou dans les murs

Il fallait un marteau piqueur

Dehors en guise de peinture

C'était du ciment de couleur.   

Le nombre moyen de logements mis en chantier est passé de 100 à 1.000 par opération. Les logements produits passent de 368.000 en 1964 à plus de 500.000 en 1974. En 1973, la construction culmine même à 556.000 logements.


Le Ministre de l’Équipement Olivier Guichard, dans la circulaire du 13 mars 1973, limite le développement des ZUP. Il oriente la construction vers les villes moyennes de 20.000 à 100.000 habitants. Il veut contrôler le gigantisme des ZUP et l’urbanisation des tours et des barres.

Crédits

Conception L'Union sociale pour l'habitat - DCOM - Centre de ressources & Patrick Kamoun

Textes : Patrick Kamoun

Numérisation des documents : Azentis