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  • Les premiers grands ensembles

Les premiers grands ensembles

Anciens contre modernes

Pendant les « Années Folles » deux théories s’affrontent.


Les « anciens » ou « classiques » réalisent des constructions avec une architecture traditionnelle. Près de Paris, la Société « Pax » décide la création d’une cité à Bagneux de 802 logements collectifs (1928-1932) sous la direction de Marcel Lods.

Cité-jardins des Chutes-Lavie

06/04/1930

Cité du Champ des Oiseaux, construction


Anciens contre modernes


Le clan des « modernes » dont les précurseurs sont, en France, Tony Garnier et Le Corbusier prône


la séparation des fonctions dans la ville (habitat, travail, loisir) 


la séparation de l’habitat et de la circulation qui mènera à l’urbanisme de dalle ;


- une esthétique de la pureté et de la nudité qui refuse tout ornement au profit de formes géométriques et l’utilisation de nouveaux matériaux comme l’acier, le béton armé et le verre ; 


- l’économie du sol avec des immeubles en hauteur ; 


 -l’air, la lumière et l’hygiène.


Cité des Etats Unis (Cité Tony Garnier)

1930

Bagneux : Le Champ des oiseaux

Cité du Champ des Oiseaux

1932

Le projet est caractérisé par son financement basé sur la souscription d'industriels de la région parisienne pour loger leur personnel, anticipant ainsi le système du 1% patronal, et par le l’opposition farouche des élus municipaux qui voyaient là un risque de fragilisation de leur majorité électorale. Ils avaient raison ! Ce sont des membres de la puissante amicale des locataires de la cité qui ont ravi leurs sièges.


C’est sans doute le 1er grand ensemble de la région parisienne, 802 logements collectifs sont construits sur un espace très rural. Le système constructif mis au point par Marcel Lods et Eugène Beaudouin est basé sur des structures métalliques et des éléments de béton vibré, de dimension moyenne, pour les façades et les planchers fabriqués pour partie sur place. C’est l’une des premières expériences à grande échelle d’industrialisation du bâtiment. 


Les logements sont équipés du chauffage central. La cité comporte un centre social avec des permanences sur les assurances sociales, une consultation prénatale et des nourrissons, une bibliothèque et un poste de secours permanent. Un cercle familial organisant des cours du soir et de gymnastique. Pour les petits on y trouve un jardin d’enfants, et pour les plus grands on organise des camps de vacances encadrés par les Éclaireurs de France.

Bagneux : Le Champ des oiseaux

  • Cité du Champ des Oiseaux, accrochage des panneaux

    1930
  • Cité du Champ des Oiseaux, groupe B et C

    1930
  • Cité du Champ des Oiseaux, montage structure

    1930
  • Le jardin d'enfants de la cité du Champ des Oiseaux

    14/03/1934
  • Cité du Champ des Oiseaux, La colonnade

    1930
  • Cité du Champ des Oiseaux, vue aérienne

    1930 

Drancy :  La Muette

Cité de la Muette, premiers gratte-ciel

1936




Dès 1928, Henri Sellier prône la simplicité des formes, le toit-terrasse, et une certaine verticalité. Les terrains manquent alors que les besoins sont très importants. Il s’agit donc de rationaliser la construction. 


La cité « La Muette » va être la dernière cité-jardins de l’ère Sellier. C’est aussi l’un des premiers grands ensembles de la région parisienne. Il concentre sur 10 hectares, 1 250 logements et préfigure déjà les grands ensembles d’après la guerre de 1939-45.


Ce sont des immeubles en bandes rythmés par 5 tours de 15 étages (55m de haut). Les logements sont équipés du chauffage central, de cloisons mobiles pour réunir deux pièces, et de l’évacuation pneumatique des ordures à partie de l’évier de la cuisine. La circulation intérieure est assurée par des galeries abritées. Le parc central, sans circulation motorisée est réservé aux enfants.

                                                                                                                                                              



Drancy : La Muette (suite)

Lyon : La cité des Etats-Unis

La Cité Tony Garnier (Cité des États-Unis)

1930



Pour honorer l’entrée en guerre des américains en 1917, la ville de Lyon donne à son projet le nom de « Cité des États-Unis ». 


Totalement périphérique à l’origine, le quartier sera rattrapé par l’extension urbaine puis deviendra, lors de sa réhabilitation, le creuset du concept de musée urbain. 


Commencée en 1920, la réalisation du programme est interrompue en 1925 alors que trois immeubles seulement sont achevés. Les travaux, repris grâce aux crédits de la loi Loucheur, s’achèvent en 1934. 


Pour des raisons d’économie et de rapidité d’exécution, les nouveaux bâtiments sont rehaussés d’un étage et comprennent des logements d’un seul type : 11 immeubles de 2 pièces, 22 immeubles de 3 pièces, 12 immeubles de 4 pièces et 1 immeuble de 5 pièces. 



Lyon : La cité des Etats-Unis

De conception résolument moderniste avec leur toit-terrasse, dotés du gaz, de l’électricité et de vide-ordures, les immeubles de 5 étages forment un alignement de cubes géométriques disposés autour de l’axe du boulevard des États-Unis. 

Entre le boulevard et les habitations, une barrière végétale offre un écran de verdure tandis que le rez-de-chaussée des immeubles accueille des commerces. 

Chaque îlot se compose de 4 bâtiments disposés autour d’un espace intérieur, véritable cour jardin ouverte, marquée par des portiques, et qui permet de séparer la circulation piétonnière et automobile. 

Au total, la cité compte 49 immeubles et 1 620 logements, gérés par Grand Lyon Habitat.

Cité des Etats Unis (Cité Tony Garnier)

1930

Villeurbanne : Cité des gratte-ciel

Cité des Gratte-ciel, Avenue de l'Hôtel de Ville

1934

Le docteur Lazare Goujon, député maire socialiste de Villeurbanne lance une opération d’envergure : la création d’un véritable centre-ville et d’un grand ensemble d’Habitations à Bon Marché. 

Entre 1924 et 1934, 1 336 logements, un palais du travail avec théâtre, une brasserie, une piscine, des services sociaux, un hôtel de ville seront réalisés par les architectes Maurice Leroux, et Robert Giroux, 

Deux gratte-ciels de 19 étages précèdent des immeubles de 9, 10, 11 et 18 étages, couronnés par des gradins avec chauffage central, eau chaude et vide-ordures.

Le répit, Oeuvre de Pandarie

1934

Villeurbanne : Cité des gratte-ciel

Suite de l'exposition "Innovation architecturale"

Crédits

Conception : L'Union sociale pour l'habitat - DCOM - Centre de ressources & Patrick Kamoun

Textes : Patrick Kamoun

Numérisation des documents : Azentis