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  • Urbanisme et relance de la construction

Urbanisme et relance de la construction

Naissance de l'urbanisme

Urbanisme

01/10/1934



Le Musée social créé après l’exposition universelle se dote sous la présidence de Jules Siegfried, dès 1908, d’une section d’étude d’hygiène urbaine et rurale.  Porteur du modèle des cités-jardins, il sera à l’origine de la naissance de l’urbanisme. 


On y trouve entre autres, Georges PicotÉmile Cheysson, Paul Strauss, Charles Gide, Georges Benoit Levy, l’apôtre des cités-jardins et Georges Risler qui succèdera à Jules Siegfried en 1912. 


La section travaille à la définition législative de la rationalisation de la ville et de son devenir. Elle sera à l’origine de la loi Cornudet du 14 mars 1919 qui prescrit pour toutes les villes de plus de 10 000 habitants, et dans celles sinistrées ou pittoresques, un projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension, dans un délai de trois ans. 


Ces plans, ancêtres des POS reposent sur le découpage du territoire communal en zones d’affectation spéciales.


Après guerre, deux hommes vont être de véritables précurseurs en matière d’urbanisme : Raoul Dautry et Henri Sellier, créateurs de villes, avec tous les services qui y sont liés.



Naissance de l'urbanisme

Cité-jardin de Suresnes, vue d'avion

1930

Cité-jardin de Stains

1921

La reconquête de la zone




Il avait fallu déjà près de 40 ans de débat pour se mettre d'accord entre l'État et la ville de Paris sur le devenir de ses fortifications.


La loi de déclassement des « fortifs » du 19 avril 1919, fait suite à un accord entre la ville et l'État signé en 1912. Moyennant 100 millions de francs, l'État cède l'ensemble des terrains à la ville. 


Les terrains de l'enceinte devaient être dérasés, viabilisés et affectés soit à des constructions publiques soit à de l'habitat.




Cité Masséna

1932

La reconquête de la zone

Quant à la zone, qui entoure les fortifs, elle devait se transformer en ceinture verte de Paris. 60 hectares sont réservés à des Habitations à Bon Marché.


Cette opération d'aménagement est la plus importante depuis les grands travaux du Baron Haussmann. Les « fortifs » constituaient une muraille de 32 Km de circonférence, entrecoupée de portes et de 94 bastions militaires, représentant 400 hectares.

Chiffonnier de la Zone

07/04/1934

La ramasseur de rats de la Zone, Saint-Ouen

07/04/1934

Le ramasseur de rats de la Zone, Aubervilliers

07/04/1934

Acteurs de la reconquête


Une loi du 13 juillet 1912 autorise la ville de Paris à contracter un emprunt en vue de construire directement des immeubles qu’elle donne en gestion à l’OPHBM.


Créé en 1914, l’Office Public d’HBM de la Ville de Paris met en place en 1919 une agence d’architectes dans laquelle on trouve Raoul Brandon, Alexandre Maistrasse qui bâtit la cité-jardins de Suresnes, Léon Besnard, Henri Provensal et Demierre, tous trois issus de l’agence de la fondation Rothschild. L’administrateur délégué de l’Office est l’architecte du Groupe des Maisons Ouvrières (GMO), Auguste Labussière


A sa création l’Office est présidé par Paul Strauss. Parmi les administrateurs on retrouve Georges Risler, le Député socialiste Philippe Brunet et Lucien Ferrand, architecte, secrétaire de la société française des HBM.


HBM avenue de la Porte Clignancourt

1926

Acteurs de la reconquête

De 1921 à 1940, la Ville a construit 8 178 logements et l’Office 18 672 (dont 66% en HBM, 16% en HBM améliorés et 18% en ILM). L’Office gère en 1940 un patrimoine de 26 850 logements abritant 120 000 personnes. C’est le premier constructeur et le premier gestionnaire d’HBM en France.


La demande de logements à l’Office d’HBM de Paris, passe de moins de 2 000 en 1920 à 65 000 en 1925, 108 000 en 1930, et à 152 000 en 1937.

Cité HBM du boulevard de l'Hôpital

12/09/1926

HBM, la cuisine

1930

La Loi loucheur 1928 remède à la crise du logement

Louis Loucheur

13/07/1928

Le député Louis Loucheur, l’un des ténors de la gauche républicaine, travaille sur la question du logement dès 1920. En 1921 et 1923 il présente sans succès deux projets de loi, mais sa loi finit cependant par être votée le 13 juillet 1928.



Cette loi prévoit un programme de construction et l’aménagement d’immeubles salubres et de construction de 260 000 logements ou maisons individuelles en 5 ans, dont 60 000 d’habitations à loyers moyens.



Elle instaure un financement public dont les modalités sont très souples : la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) donne des avances aux organismes, dont l'utilisation est justifiée à posteriori.



Elle oblige dans les départements où il y a carence d‘organisme d'HBM, à la création d'un Office départemental. Les organismes d'HBM deviennent les acteurs incontournables de la production de logements aidés, en locatif comme en accession. La CDC s’investit massivement dans la mise en œuvre de la loi.

Votre maison par la loi Loucheur

15/01/1929

La Loi loucheur 1928 remède à la crise du logement

Cette loi favorise l'accession à la petite propriété. L'apport personnel est plafonné à 4 000 Francs quelque soit le montant du prêt. Il peut être fourni en argent, en terrain, en matériaux ou en journées de travail. Le taux des prêts, par les Crédits Immobiliers, ne doit pas dépasser 2,5%.

Louis Loucheur

1932

Accession à la propriété à Villeneuve le Roi

01/09/1930

Accession à la propriété à Paris

01/09/1930

Le logement intermédiaire

La loi Loucheur crée le logement locatif intermédiaire : les immeubles à loyer moyen (ILM) pour lesquels elle établit des normes spécifiques. Il s'agit de remédier à la crise de l'habitation et non de loger uniquement les classes populaires. 

ILM sur Albert Malet

1930

Groupe d’HBM du Quai du point du Jour

1932

Le logement intermédiaire

La loi Bonnevay II du 28 juin 1930 adapte la loi loucheur et crée un nouveau type de logements : « à bon marché amélioré » (HBMA). Il s’agit d’un logement intermédiaire entre le logement à bon marché et le logement à loyer moyen. 


Ces logements seront systématiquement équipés d’une salle d’eau, du chauffage central et pour la première fois de garage à automobile.

La salle à manger est séparée de la cuisine et les pièces humides sont regroupées dans un espace appelé « le bloc eau ». 

Entrée HBMA

1935

Garages automobiles HBMA

1935

Chaufferie HBMA

1935

Logements spécifiques




Afin de répondre aux besoins des jeunes et des personnes âgées, les organismes d’HBM vont bâtir les premiers foyers de jeunes travailleurs, des cités universitaires et des immeubles dédiés aux personnes âgées.


En 1900 le nombre d’étudiants est de 27 000 (dont 624 filles). Il explose à compter de 1920 pour atteindre plus de 80 000 dans les années 30. Le logement social qui est réservé presqu’exclusivement aux familles, va dès lors s’intéresser à la question du logement des étudiants. 




La Maison Familiale Saint Jacques de Lisieux

1934

Logements spécifiques

La loi Loucheur permettra le financement de résidences pour étudiants. A Nancy, à Caen ou à Rennes, la cité universitaire va être bâtie et gérée par l’Office Public d’HBM.

La Maison des Etudiants

26/10/1928

Cité Universitaire de Rennes

1932

Invention des Castors - Le Cottage social

Gëorgia Knap

1921

Les premiers groupes organisés d'autoconstruction, qui ont œuvrés durant l’entre-deux guerres, sont les Sociétés Coopératives du Cottage Social, managées par un « savant fou », un génie méconnu, l'ingénieur Gëorgia Knap.


Parmi ses nombreuses inventions, il met au point des prototypes de maisons individuelles, faciles à monter par panneaux, et constitue des équipes pour les bâtir.


Dès 1921, 22 groupes d'autoconstruction vont édifier près de 1 000 pavillons. 


En 1928, la loi Loucheur donne une base législative au concept d'autoconstruction, en permettant de remplacer l’apport personnel financier pour accéder à la petite propriété par un apport en travail. 


La première opération de 5 maisons du Cottage Social est située à Sainte-Savine dans la banlieue de Troyes. 

Invention des Castors - Le Cottage social

Suite de l'exposition "Les premiers grands ensemble"

Crédits

Conception : L'Union sociale pour l'habitat - DCOM - Centre de ressources & Patrick Kamoun

Textes : Patrick Kamoun

Numérisation des documents : Azentis