Chargement
  • Une France de taudis

Une France de taudis

La Belle Époque est celle d’une France de taudis. Dans les grands centres industriels, près des villes ou même dans les campagnes, les plus pauvres, mais aussi les ouvriers, logent dans des bouges, des taudis, des garnis ou de curieux logements : cabanes, habitations souterraines, barques renversées, grottes, habitations de fortune et masures en tout genre.

Le Petit Tonkin

1899

Le Château branlant

15/06/1914

Prairie de Montjoly

11/08/1906

À la fin du XIXè siècle et au début du XXè une dizaine de millions de personnes, soit le quart de la population française est très mal logé ou vit dans des abris de fortune. La carte postale les a immortalisés. 

Taudis ruraux

Le milieu rural n’est pas épargné. Certaines régions sont montrées du doigt. Dans le Dauphiné, hommes et bêtes vivent sous le même toit voire dans la même pièce. L’académicien, Alfred de Foville (1842-1913) parle d’une « invraisemblable promiscuité ». La bourgeoisie s’en émeut, au nom de la décence, et de l’hygiène. Le préfet des Hautes-Alpes tentera de l’interdire après la guerre de 1914, mais sans succès. 

Habitations de pêcheurs

Dans la Manche ou l’Atlantique, la reconversion de barques renversées est une pratique courante. Les plus célèbres sont situées à Equihen dans le Pas-de-Calais. À Etretat, on les appelle « caloges ». On vit aussi dans des grottes creusées dans la falaise, ou entre des rochers.

Troglodytes

Habitations souterraines, carrières, grottes, troglodytes, tout est bon pour se loger. Cette population n’est pas négligeable : elle est estimée à deux millions de personnes en France en 1900 soit 5% des Français. Toutes ne sont pas des taudis, comme à Vouvray ou à Troo, dans le Centre. Mais leur confort est très sommaire et elles sont quelquefois ouvertes à tous les vents.

C'est la zone

La Zone au Lilas

1910

Paris au XIXè siècle est entourée de fortifications. Au-delà, une zone de tir du canon est définie. Elle fait entre 200 et 400 mètres de large et ceinture Paris sur près de 32 kilomètres. Après la défaite de 1870, cette zone “non aedificandi” est totalement délaissée par l'armée. Le plus grand « bidonville » de France va s'y installer. On l'appelle la zone. Et ses habitants sont les Zoniers (le mot zonard est beaucoup plus récent mais a la même origine).

Le Champ de Mars

1907

On parle déjà de «zone de non droit» où la police n'ose pas entrer. La zone sera un lieu propice et un refuge pour les bandes « d'Apaches » qui font frémir les bourgeois au début du XXè siècle. La zone, que certains nomment « la ceinture noire de Paris » abritera encore, selon le recensement de 1926, 42 000 personnes. Selon le syndicat des zoniers, ils sont plus de 112 000.

La Zone porte d’Ivry.

1899

C'est la zone

Paris Taudis

Cité Doré

1899

Passage Moret

01/01/1910

Le Maquis

01/01/1910

La Bièvre

01/01/1910

Dans certains quartiers et cités de Paris s’entassent pêle-mêle, des familles entières dans des taudis. La liste en serait trop longue, mais certaines, aux noms parfois exotiques, ont marqué durablement les esprits comme la « cité des Kroumirs », passage des Hautes Formes dans le 13è arrondissement. La « cité Doré » entre la rue Jenner et la place Pinel dans le 13è arrondissement, appelée aussi « la cour des miracles » avec ses ruelles impraticables, ses masures en ruine et ses cloaques.

Marchands de sommeil

Asile de nuit à Berlin avec couchettes superposées

1899

Asile de nuit à Londres pour femmes

23/11/1902

Asile de nuit à Londres pour hommes

1899

À Roubaix des  logements meublés dits ateliers dans lesquels deux escouades d’ouvriers occupent les mêmes lits. À Lille, on compte environ 1 500 auberges, dites "chambrées", qui sont en fait de véritables dortoirs pour ouvriers. A Paris, dans des hôtels sordides, c’est la technique du « lit chaud », c’est-à-dire les trois-huit dans le même lit, les ouvriers dormant tête bèche, ou comme chez Fradin où l’on dort assis au-dessus d’une table. 

Fradin

1905

Casier sanitaire

Casier Sanitaire

1924

Cité Jeanne d'Arc Intérieur 1908

03/05/1908

Cité Jeanne d'Arc

1899

Pour améliorer la connaissance du mal-logement, à la fin du XIXè siècle, certaines villes vont se lancer dans une aventure insensée : la création d’un registre exhaustif de l’état de salubrité de tous les logements de la ville à l’image de celui, présenté au Congrès international d’hygiène et de démographie de Bruxelles. Le casier sanitaire naît en France dans plusieurs villes : Le Havre, avec Jules Siegfried, Saint-Etienne, Nice, Amiens, Montluçon ou Paris.

Suite de l'exposition "Modèles et innovation"

Crédits

Conception : L'Union sociale pour l'habitat -  DCOM - Centre de ressources & Patrick Kamoun

Textes : Patrick Kamoun

Numérisation des documents : Azentis