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  •  Le logement des ouvriers

Le logement des ouvriers

Les premiers logements ouvriers

D'initiatives privées, les logements ouvriers vont prendre différentes formes à partir de la fin du XVIIIè siècle. Les plus connues prendront la forme de cités ouvrières avec des modèles emblématiques tels que le familistère de Guise, la Cité Napoléon, la Cité ouvrière de Mulhouse ou celle des usines Menier. Elles prennent également la forme de foyers ou de casernes qui prennent le soin de séparer hommes et femmes toujours dans un souci de moralité.

La "Fuggerei", première cité ouvrière (1519)

La plus ancienne cité d’habitat social encore en activité est fondée en 1519, à Augsbourg, en Bavière, par le banquier Jakob Fugger, dit le Riche. La "Fuggerei" comporte 66 maisons réparties sur 8 rues. Les conditions d’accès n’ont semble-t-il pas changé depuis l’origine : être citoyen d’Augsbourg, catholique et sans ressource, mais jouir d’une bonne réputation. Le loyer est dérisoire : l’équivalent d’un euro par an ! En échange, les bénéficiaires s’engagent à prier chaque jour pour la famille Fugger.



Les familles disposent de trois pièces avec cuisine, et les veuves d’une pièce avec alcôve et d’une cuisine. 

L’accès à la Fuggerei est à vie pour les familles et les veuves. Les quatre portes de la cité sont fermées chaque soir de 22 heures à 6 heures du matin. On y trouve aujourd’hui une école, un musée, une église, un café et un restaurant. 

La Fuggerei, cité ouvrière

1906

La Fuggerei, cité ouvrière

1936

Les premières cités ouvrières en France - 1779

Le Quartier des Echelles

19/04/1907

Les premières cités ouvrières en France sont nées la même année au XVIIIè siècle à Vierzon dans le Centre et à Arc-et-Senans, en Franche Comté.


Célèbres par leur créateur, le Comte d'Artois, futur Charles X, en 1779, les forges de Vierzon bâtissent une cité ouvrière avec une église, une école et quelques commerces, à proximité des forges pour attirer la main d'œuvre, fidéliser leurs salariés et leur éviter des trajets trop longs. "Le quartier des échelles" est appelé ainsi pour la succession d'échelles posées en permanence pour accéder par l'extérieur au grenier.


Manufacture royale du XVIIIè siècle, conçue par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, la Saline Royale à Arc-et-Senans, fonctionne comme une usine intégrée à partir de 1779, où vit pratiquement toute la communauté du travail. Construite en forme d'arc de cercle, elle abrite les lieux d’habitation et de production, soit 11 bâtiments en tout.

Plan des Salines Royales

1779

Salines Royales

2015

Les premières cités ouvrières en Europe

Robert Owen

01/01/1800

L’un des premiers à réaliser une communauté de vie et de travail est Robert Owen (1771-1858). Grand industriel humaniste, il applique ses théories aux ouvriers de son entreprise -une filature de mille employés à New Lanark en Écosse et à leur famille.

Il innove dans de nombreux domaines : l’hygiène et les conditions de travail, mais également la formation des ouvriers et de leurs enfants, par des cours du soir. Il invente le concept du jardin d’enfants. Il loge ses ouvriers dans des bâtiments à étages, plutôt austères, mais dans des conditions de confort inimaginables pour la classe ouvrière en 1820.

Cité ouvrière New Lanark

1800

Dessin de la cité ouvrière de New Lanark

1800

Les premières cités ouvrières en Europe

En Belgique, Henri De Gorge (1774-1832) fait édifier tout un village ouvrier, le coron, qui avec ses 450 maisons offre alors aux ouvriers des Charbonnages du Grand-Hornu, un confort de vie inédit. Les maisons bâties en dur sont spacieuses, approvisionnées en eau chaude et bénéficient d’un jardin. On y crée une école, une salle de danse, des commerces et un dispensaire.

Henri De Gorge

1855

Le Grand Hornu

1800

Les foyers pour célibataires

A côté des cités ouvrières, naissent d'autres types de logements pour la classe populaire.

Le célibataire est redouté car il sème la discorde dans les familles. Ce sentiment vis-à-vis du célibat, porté par les hygiénistes et les ligues de moralités, est très largement partagé au milieu du XIXè siècle.

On va donc bâtir pour eux, hommes et femmes, dans les centres industriels et dans les grandes villes, des hôtels, des foyers ou des pensions qui leurs sont strictement destinés. Ce sont des industriels qui vont prôner l’exemple. 

  • Couic

  • Impôts sur les célibataires

  • Bâtiment du ménage

  • Hôtel des ouvriers

  • Moulinage de soie

Casernes d'ouvriers

Dans les années 1850, certains industriels vont bâtir pour leurs ouvriers de véritables casernes, sans le moindre confort, quelquefois avec des logements d’une seule pièce. Mais bien vite, elles seront abandonnées pour de véritables cités ouvrières.

Caserne d'ouvriers à Imphy

1899

Caserne d'ouvriers à Arrest

08/05/1915

Caserne d'ouvriers au Creusot

1860

Cité Napoléon - 1850

Louis Napoléon Bonaparte

1848

Louis-Napoléon Bonaparte fonde, sur sa cassette personnelle, une “œuvre des loyers” pour secourir les ménages menacés d’expulsion. Il reprend l’idée du programme élaboré par le Parlement du Travail en 1848 de faire construire dans chaque arrondissement de Paris – à l’époque seulement douze – un véritable phalanstère. Mais une seule cité de ce type sortira de terre avec beaucoup de difficultés : la Cité Napoléon, rue de Rochechouart.


Cette cité ouvrière de 86 logements, en majorité des deux pièces, est bâtie par l’architecte Marie-Gabriel Veugny sur un terrain de 3 750 m2 autour d’une cour-jardin qui comporte une borne fontaine, un bassin avec jet d’eau et une lanterne à gaz. La cité dispose d’un lavoir, d’un séchoir, d’un établissement de bains, d’une "salle d’asile" accueillant les enfants pendant que leurs mères vaquent à leurs occupations et d’une école primaire. Elle est destinée notamment aux familles d’ouvriers de l’usine à gaz de la rue Condorcet toute proche. Inspirée directement des idées de Fourier, la Cité Napoléon est décrite comme un "phalanstère", mais la conception de l’ouvrage doit aussi beaucoup au premier immeuble de logements collectifs bâti à Londres par l’architecte Henry Roberts que le prince Napoléon avait visité lors de son exil.

La Cité Napoléon, dessin

1850

La Cité Napoléon en 1989

1989

La cité Napoléon en 1990

1990

Les modèles

Plusieurs cités ouvrières ont fait figure de modèles. C'est le cas de la cité ouvrière de Mulhouse, du familistère de Guise, de la cité des indigents de Lille et de la cité des usines Menier à Noisiel.

La cité ouvrière de Mulhouse - 1853

Une association patronale, créée en 1825, « La Société Industrielle de Mulhouse »  constitue, en juin 1853, la Société mulhousienne des cités ouvrières (SOMCO), société civile dont le capital est fourni par l’apport d’une douzaine d’industriels. Le principal actionnaire et promoteur de l’opération est Jean Dollfuss (1800-1887), un industriel du textile qui sera maire de Mulhouse de 1863 à 1869.

 

Le but de la Société est de rendre l’ouvrier propriétaire. Elle propose de bâtir un programme de maisons individuelles, payables par mensualités, sur une durée de 15 ans. L’ingénieur de l’École centrale et architecte Émile Muller en assure la conception et la construction qui débute en 1853.

Vue perspective d'une partie des cités ouvrières de Mulhouse

1860

La cité ouvrière de Mulhouse

Cité ouvrière de Mulhouse

1903

Le succès est immédiat. Le projet initial comportait une centaine de maisons. En 1862, on atteint déjà 560 maisons. En 1895, la SOMCO aura livré 1 240 maisons, pour 10 000 habitants, soit 10% de la population de la ville. 


Les logements ne sont pas réservés à une entreprise en particulier, mais accessibles à tous les ouvriers, employés et contremaîtres des différentes manufactures de la ville. On dit alors que quatre-vingts métiers sont présents dans la cité.


La cité offre de nombreux services : une grande maison qui accueille un établissement de bains et un lavoir, un restaurant fournissant des plats préparés à bas prix, une boulangerie, une bibliothèque et un magasin de vente à bon marché d’objets de première nécessité.

Le prototype du Carré Mulhousien

Cités ouvrières de Mulhouse

1866

Par cette réalisation, Mulhouse consacre l’application des idées du libéralisme social de Frédéric Le Play, l’un des maîtres à penser de la classe dirigeante à la fin du XIXè siècle et le théoricien du caractère moralisateur de la propriété immobilière.


Le modèle choisi pour les ouvriers regroupe quatre habitations accolées en un seul bâtiment : c’est le Carré Mulhousien qui sera copié dans toute l’Europe.

Les maisons sont fondées sur cave. Chaque maison dispose d’une cuisine et d’une grande pièce au rez-de-chaussée, de trois chambres à l’étage, d’un grenier et d’un cabinet d’aisance. Chaque logement a son jardin potager.

Tous les modèles ont la même surface de parcelle de 150m², et la même surface construite de 47m². L’introduction de passages et de venelles entre les maisons crée une trame verte par addition des deux jardins en vis-à-vis.


Les maisons ouvrières de Mulhouse obtiendront une médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1867 et en 1889 et un grand prix, récompense suprême, à la  mémoire de Jean Dollfuss, président fondateur de cités ouvrières de Mulhouse.

La cité de Mulhouse est pour le XIXè siècle, la grande référence française en accession à la petite propriété.


Le modèle du Carré Mulhousien sera repris dans toute l’Europe et en France, notamment par la Compagnie des Chemins de Fer du PLM pour loger ses cheminots.

Le prototype du Carré Mulhousien

Le familistère de Guise - 1859

Jean Baptiste Godin et son Familistère

1880

Jean-Baptiste Godin (1813-1888), industriel français, s'enthousiasme pour les idées de Fourier et décide de bâtir son propre phalanstère à Guise : "Le Familistère de Guise". Comme Victor Considérant, il estime que "la richesse au service du peuple" ne peut fonctionner que dans un espace communautaire et non en maison individuelle. 


On trouve au familistère des équipements innovants : un pouponnât, des écoles, un centre d’apprentissage, des magasins coopératifs, une bibliothèque, des bains, un lavoir à eau chaude, des jardins ouvriers, un théâtre, un kiosque à musique, un jardin d’agrément… et une piscine ! 


Godin invente pour ses ouvriers, la caisse de prévoyance avec un cabinet médical, la retraite des vieux travailleurs et la fête du travail.


En savoir plus sur le site  web du familistère

Le familistère de Guise

La Cité Philanthropique - 1862

La seconde «Cité Napoléon», rebaptisée «Cité Philanthropique» en 1884, est réalisée en 1861-62 par le Bureau de Bienfaisance de Lille sur un terrain agricole lui appartenant, rue Wazemmes. Le bureau de Bienfaisance loue déjà une centaine de logements qui lui appartiennent à des familles ouvrières. Il est prévu de loger 1 000 personnes dans 276 chambres, dans six corps de bâtiment.


Cette cité est sans doute l’un des rares exemples, sinon le seul, de logements destinés uniquement «aux familles indigentes». Le mode de calcul employé par le Bureau de Bienfaisance pour apprécier l'indigence d'une famille est simple : on additionne le montant des salaires du père, de la mère et des enfants pendant une semaine, puis on divise par le nombre des membres de la famille. Si le résultat obtenu n'est pas au moins égal à 3 francs, il y a insuffisance matérielle. Cette famille est alors inscrite sur la liste des indigents.


La cité est entièrement terminée en l'espace de deux ans. Son architecte, Émile Vandenbergh (1827-1909), élève d'Henri Labrouste, est à l’origine de plusieurs projets de cités ouvrières.

Aujourd'hui reconvertie en logements sociaux pour personnes âgées, la cité philanthropique est plus connue des gens du quartier sous le nom de « Beigneau », nom d'un jeu traditionnel flamand.

Cité Napoléon de Lille

1851

La Cité Philanthropique

Cité Philanthropique en 1910

1910

Cité Philanthropique en 1911

1911

Cité Philanthropique de nos jours

2014

Le logement à l'Exposition universelle - 1867

Modèle d'habitation ouvrière

1867

Le Pavillon de l'Empereur

1867

Remise de la médaille d'or pour les habitations ouvrières

1867

Frédéric Le Play, promoteur de l’économie sociale et du “patronage”, est commissaire général de l’Exposition. Il crée un nouvel ordre de récompenses concernant l’économie sociale pour faire la démonstration de l’intérêt des initiatives sociales patronales.

Une section de l'Exposition est consacrée aux «habitations caractérisées par le bon marché uni aux conditions d’hygiène et de bien-être». On y trouve des maquettes et des plans, mais aussi des maisons construites grandeur nature sur le Champ de Mars. 

A l’occasion de l’Exposition, une grande enquête sur le logement des ouvriers est réalisée. Elle recense seulement 38 établissements industriels, notamment dans le Nord et l’Est de la France qui emploient 65 000 ouvriers et qui logent une partie de leur personnel.

En savoir plus : Le logement à l'Exposition

Noisiel, la cité des usines Menier - 1872

L'Usine Menier

1899

Émile Justin Menier va faire du chocolat un produit accessible au plus grand nombre. A la fin du XIXè siècle la chocolaterie de Noisiel compte 1 100 ouvriers dont 60% de femmes et 40% d'hommes.


Afin de sédentariser sa main d'œuvre d'origine rurale, Émile Menier décide la construction d’une cité ouvrière de 200 maisons individuelles jumelées sur 30 hectares. Jules Logres, ingénieur et sous- directeur de l’usine, est le grand ordonnateur et le gestionnaire de la cité ouvrière dont il bâtit les plans.


L'éclairage est au gaz, et à l’extérieur, des bornes fontaines assurent l’approvisionnement en eau de source. De nombreux services font de la cité un véritable village : une coopérative de consommation, deux hôtels- restaurants pour célibataires, une école primaire et une salle d’asile – ancêtre de la maternelle - où était pratiquée la méthode Fröbel, c’est-à-dire l’apprentissage par le jeu et le développement de la spontanéité et un service médical, où les soins sont fournis gracieusement. A partir de 1898, s'ajoute une maison de retraite. Noisiel dispose également de 1 500 hectares exploités par cinq fermes principales.


Cette cité ouvrière modèle va servir de référence aux futurs promoteurs des cités ouvrières. La littérature va également s’en emparer : “En famille” d’Hector Malot décrit la vie à la Cité de Noisiel. En 1964, toutes les habitations sont vendues à une société immobilière. Une partie sera revendue aux occupants.

Noisiel, la cité des usines Menier 

De la cité ouvrière au logement social

Les cités ouvrières vont se multiplient au cours de la seconde moitié du XIXè siècle. Les industriels poursuivent ce modèle pour sédentariser leurs ouvriers au plus près de leur activité. D'autres formes d'habitat apparaissent cependant  avec d'abord l'émergence de l'autonomie  de l'organisation ouvrière face au patronat sous l'influence du catholicisme social  puis l'apparition d'immeubles de logements ouvriers qui annoncent la naissance des premiers logements sociaux.

Cités de cheminots

La maison du garde barrière

1899

En 1860, six grands réseaux ferrés couvrent l'ensemble du territoire. Dans les années 1880, la longueur du réseau national atteint déjà 25 000 km. Il grandira de façon considérable jusqu'à la guerre de 1914 pour couvrir près de 40 000 Km.

Le besoin de loger les cheminots s'imposera alors à toutes les grandes compagnies. Les premières cités relèvent de la nécessité de loger sur place certains agents comme les chefs de gare, les agents en charge des installations électriques ou encore les gardes barrières. Les compagnies vont donc produire de nombreux logements locatifs et favoriser l’accession à la propriété des cheminots.

Cité des Cheminots de Laqueuille

1920

Cité des Cheminots de Conflans

1910

Cité des Cheminots de Laroche

1890

Cités de la mine

Les cités de la Mine, dans le Nord-Pas-de-Calais, dans l’Est ou dans le Centre de la France, sont dans un premier temps organisées en corons de briques rouges. Les compagnies des bassins miniers ont construit à proximité de leurs fosses de nombreuses cités minières dans le but d'accueillir une main d‘œuvre importante.

L'habitat minier a d'abord été conçu par les ingénieurs des mines puis par des architectes.

C'est la compagnie des mines d'Anzin qui construit en 1825 les premiers corons.

Dès 1870, viendront les cités pavillonnaires et à partir de 1905, les cités jardins.

  • Cité des Mines de Bruay

  • Maisons des Mines du Creusot

  • Cité des Mines de Béthune

  • Coron Plats

  • Cité des Mines de Méricourt

  • Le Mineur en famille

  • Cité jardin des Mines de Dourges

Cités ouvrières de l'industrie : modèle dominant

L’effort patronal va se poursuivre pendant près d’un siècle jusqu’en 1953, date de la création de la contribution des entreprises à l’effort de construction, le 1% logement. A la veille de la seconde guerre mondiale, les entreprises de plus de 200 salariés logeaient 53 000 travailleurs isolés et 460 000 familles soit près de 1,8 million de personnes.

Cité de Warmeriville - 1840. Un modèle issu du
Catholicisme social

Léon Harmel

1908

Apôtre de la participation dans son usine du Val de Bois,  à Warmeriville, près de Reims, Léon Harmel (1829-1915), que l’on appelle «le Bon Père du Val des Bois», veut faire de son usine une communauté chrétienne où les ouvriers dirigent eux-mêmes les œuvres sociales qu’ils ont choisies.

Il fonde plusieurs cités ouvrières dont le nom célèbre la virginité : la cité Jeanne d’Arc ou la cité Sainte Virginie. Les logements sont variés. Les maisons sont soit individuelles pour les contremaîtres, soit en bande pour les ouvriers avec un petit jardin à l’arrière et un lavoir buanderie pour deux ménages. Les services sont nombreux comme la pharmacie mutualiste, la boulangerie coopérative, l’école maternelle, ou encore l’école ménagère. Il croit aux vertus de l’association - "Bonnes lectures", chorale, musique instrumentale, société de gymnastique, conférence de Saint-Vincent-de-Paul - mais également à celles de la prévoyance en mettant en place une caisse d’épargne, une mutuelle et un système de pension de retraite.

Léon Harmel affirme la responsabilité de l'État en matière de justice sociale et la nécessaire autonomie de l'organisation ouvrière face au patronat. Il soutient le ralliement des catholiques à la République : c’est le début en France de la démocratie chrétienne.
Proche du pape Léon XIII, il emmène à Rome, en 1887, un premier "pèlerinage de la France ouvrière" de 1 400 ouvriers ; trois ans plus tard, il récidive, mais cette fois, ils seront 10 000 à "marcher sur Rome". Son exemple a certainement motivé et influencé le Pape Léon XIII, pour la rédaction de sa fameuse l'encyclique «Rerum Novarum».

Cité de Warmeriville

Maison de famille

1933

Cité ouvrière de Warmeriville

1899

Les premiers logements sociaux : 
Rouen Les petits logements - 1886

En octobre 1885 est créée la « Société Anonyme Immobilière des Petits Logements » par un administrateur du Comptoir d’Escompte, des membres de la chambre de commerce, des négociants et des entrepreneurs locaux. Ils agissent pour la « paix sociale » et l’amélioration du logement ouvrier. L’acquisition d’un terrain à la commune permet la construction en 1886 d’un immeuble de quatre étages et de 94 logements, « le groupe Alsace Lorraine », dans un quartier très central mais réputé pour son caractère malsain et ses taudis. 

Dessin du Groupe Alsace Lorraine

1885

Groupe Alsace Lorraine

1989

Palier du Groupe Alsace Lorraine

1990

L'immeuble est équipé d'un pressoir à cidre et d'une chambre mortuaire. A chaque demi étage, on trouve des bornes fontaines pour l’alimentation en eau, une buanderie, des WC à chasse d’eau et un vide-ordure. On y trouve également des supports en fonte pour fendre le bois. Chaque appartement dispose d’une cave et d’un grenier en cellule fermée à claire voie pour le séchage du linge. La cour est vaste et bordée de trottoirs, une partie est sablée et plantée d'arbres. Un préau y est prévu pour les enfants.

A la pointe des innovations techniques, ce bâtiment sera primé d'une médaille d'or, lors de l’Exposition universelle de 1889. C’est le premier immeuble collectif d’habitat social réalisé par une société anonyme en province. On sait seulement de l'architecte, Edouard Lecœur, qu'il est ingénieur de Centrale et qu’il a effectué plusieurs voyages à Londres pour y voir les habitations ouvrières.

Société des logements économiques de Lyon - 1886

Programme de la Société des Logements Economiques

1899

En 1886, Félix Mangini, ingénieur des chemins de fer, fonde la Société des Logements Economiques de Lyon qui construira dans la région lyonnaise, 55 immeubles soit 647 logements à bas loyers.

 

La Compagnie des chemins de fer du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) négocie un bail avec la «Société anonyme des logements économiques de Lyon» présidée par Félix Mangini, pour les ateliers de construction de locomotives et de maintenance du matériel roulant d'Oullins.


Action de la Société Anonyme des Logements Economiques

1930

Pour loger les ouvriers du PLM venus notamment d'Arles, la société construit 10 immeubles de trois étages sur un terrain cédé par le PLM. Chaque appartement est composé de 3 pièces, d'un cabinet d'aisance et d'un grenier. Le PLM prête à 3% les fonds nécessaires à la construction. En échange, la société devra louer ses immeubles de préférence aux agents du PLM, mais à défaut, elle peut accepter un autre locataire. En 1906, 90% des ménages logés sont toujours des cheminots.

Suite de l'exposition "Rapports bailleurs-locataires"

Crédits

Conception : L'Union sociale pour l'habitat -  DCOM - Centre de ressources & Patrick Kamoun

Textes : Patrick Kamoun

Numérisation des documents : Azentis

Les ressources